COURRiER


 
Dream Theater
Images And Words

 


J’ai lu dans "Les Dream Theater font du ski" que cet album était de grande qualité, le genre de truc à emporter sur une île déserte. Tout ceci m’a intrigué bien sûr. Du coup j'ai écouté ce CD attentivement et bien entendu de nombreuses fois.

Et alors ? me dirais-tu par politesse.

D'abord, attardons-nous sur la pochette et le livret intérieur qui émerveillent. La première est aussi plaisante que celle d’un disque du groupe Ange. Dans le second on y trouve un coeur entouré de barbelés. Le coeur, c'est l'amour, ah, l'amour ! Mais l'amour, ça finit mal et on souffre, entouré de barbelés partout et il n'y a pas d'amour heureux comme l'affirmait Aragon qui disait aussi que la femme est l'avenir de l'homme puis il s'est barré avec Maurice mais ne nous éloignons pas du sujet, s'il te plaît, c'est déjà assez compliqué comme ça. Revenons donc à notre livret où il y a aussi une superbe photo des cinq gars à l'admirable brushing et avec l'air intelligent de ceux qui ne font sûrement pas de la merde. En arrière-plan on trouve les arches du Pont du Gard, symbole de la pérénnité de l'oeuvre d'art, avec devant lui deux statues de la Vénus de Milo qui représentent l'allégorie de l'ébahissement face à la beauté musicale d'où l'expression : "les bras m'en tombent !".

Deux titres ou plutôt un et demi ressortent de cet album. On a d’abord la chanson mise judicieusement en premier. Elle est assez fluide, rapide, bien envoyée, nerveuse avec un chanteur et un batteur qui font des efforts pour gâcher le morceau mais en pure perte. Ce titre s’appelle "Poulet Me Under", c’est un poignant plaidoyer contre la cruauté de l’abattage des poulets, mais bon, tu peux aller vérifer si tu as des doutes.

Le deuxième titre c’est "Metropolis - Pt. I" qui n’est pas un thème inspiré par le film de Fritz Lang ni encore moins impressionniste. Il commence aussi bien que le titre cité précédemment, dans le même ton et puis d’un coup, au bout de quelques minutes voici un break incongru qui arrive et le groupe se dit qu'il est maintenant temps d'inventer Dream Theater ™.

Voyons la scène au ralenti : le batteur trouve que ça speede grave et il pense qu’il ferait mieux de mettre au point le cyclodrum. Le bassiste sue sang et eau pour se faire entendre plus que les autres, peine perdue. Le claviériste essaie de tenir plus d'une minute à fond la caisse avec trois malheureuses notes alors que le guitariste veut aller plus vite que lui tandis que le chanteur ferme sa gueule, un bon point pour lui.

Maintenant, passons rapidement en revue les autres titres sinon ça va faire beaucoup trop long :

"Another Time" est une sorte de Rock-hard-FM où vers la fin le chanteur s’étouffe un peu, aussi expressif qu'une boîte de brandade de morue mais c'est sûrement plus agréable que du black-metal. "Surrounded" et "Learning To Live" ont une mélodie mince comme le neurone d'un footballeur et dans le second titre vers la 8° minute, les gars s'y perdent un peu mais, bon, il y a une sacrée performance à la batterie et au chant qui n'est pas à la portée du premier venu - t'as qu'à essayer, toi, tu verras ! En ce qui concerne "Under A Glass Moon" on a droit à une deuxième partie pas forcément vaine car on pourrait l'utiliser pour faire fuir le requin blanc au large de Sumatra. Heureusement il y a Findus - pardon, "Take The Time" qui est le meilleur des titres "hard" malgré le fait que le chanteur continue de faire le maximum pour qu'on croit qu'il est naze. Quant à la ballade "Wait For Sleep", elle a une telle adéquation entre la musique et son titre que ça force le respect.

Au final, paraphrasant un dialogue d'un film célèbre, je dirai que jamais je n'aurais cru qu'une musique pareille fut possible et devant de tels sons, je ne peux que terminer en affirmant : ça ne peut être écrit que par... Dream Theater !

archive :

film :

Tokyo Sonata
un film de Kiyoshi Kurosawa


 


l'image du jour :

James prend
des cours de chant !

Courage, James ! Tu vas y arriver, on est de tout
coeur avec toi !